Santé au Travail au Parlement


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Remise en cause des services de santé au travail

12 ème législature

Question écrite n° 24423 de Mme Patricia Schillinger (Haut-Rhin - SOC)

·                               publiée dans le JO Sénat du 14/09/2006 - page 2393

Mme Patricia Schillinger attire l'attention de M. le ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes concernant une réflexion menée, après le drame de l’amiante et ses graves conséquences, sur la création d’un service public de santé au travail et sur la possibilité de confier la visite médicale obligatoire et la délivrance des certificats d’aptitude à la médecine de ville. Cette remise en cause des fondements du système de la santé au travail, intervient après une réforme de la médecine du travail qui a exigé plusieurs années de travaux et de concertations, et repose aujourd’hui sur un contrat de confiance entre l’administration et les services de santé au travail.
Elle lui demande, par conséquent, s'il compte éviter une étatisation de la santé au travail, alors que les services de santé au travail jouent pleinement leur rôle, en s’inscrivant clairement dans une mission d’intérêt général. Le système actuel s’est progressivement adapté aux nouvelles exigences, dotant ainsi notre pays d’un système de santé au travail unique et performant.

 

Réponse du Ministère délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes

·                               publiée dans le JO Sénat du 26/04/2007 - page 862

L'attention du Gouvernement a été appelée sur les inquiétudes émises par les professionnels de la santé au travail, et plus particulièrement par les services interentreprises de santé au travail, suite à la publication du rapport de la mission d'information de l'Assemblée nationale sur les risques et les conséquences de l'exposition à l'amiante, qui préconise une réorganisation complète de la médecine du travail. A titre de rappel, cette proposition invite à regrouper les médecins du travail - qui seraient dotés d'un statut public - au sein d'un service public de santé au travail ayant, d'une part, une mission d'alerte et de veille sanitaire qui serait exercée sous tutelle de l'Institut national de veille sanitaire (INVS) ; d'autre part, une mission d'accompagnement des entreprises qui relèverait de la tutelle de la direction générale du travail du ministère chargé du travail. La mission d'information propose en outre de confier le suivi individuel des salariés à la médecine de ville, moyennant une prise en charge spécifique par la branche accidents du travail/maladies professionnelles de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS). La mission d'information pointe en réalité, dans le cadre du drame de l'amiante, une insuffisance rétrospective du rôle d'alerte et de veille sanitaire de la médecine du travail et considère que l'indépendance des médecins du travail n'est pas suffisamment garantie, sans prendre en compte les mesures prises, dans le cadre de la récente réforme de la médecine du travail. Il convient de préciser, en effet, que la médecine du travail vient de bénéficier d'une réforme en profondeur, initiée avec la loi du 17 janvier 2002 et achevée par le décret du 28 juillet 2004. Après cinq années de travaux et de concertation avec les partenaires sociaux, cette réforme a permis d'importantes avancées : tiers temps du médecin du travail consacré à l'action préventive sur les lieux de travail, intervention de spécialistes de diverses disciplines aux côtés du médecin du travail, amélioration du contrôle social des services de santé au travail, indépendance renforcée des médecins. Les services du ministère accompagnent la mise en oeuvre de cette réforme et font porter l'effort sur la modernisation de l'action des services de santé au travail, en renforçant la politique d'agrément de ces services par l'Etat (fixation et contrôle de critères) et en mettant en place une contractualisation (élaboration de contrats d'objectifs). En outre, la transformation de la médecine du travail en service public et le transfert des visites médicales individuelles aux médecins de ville n'apparaît pas souhaitable. Le médecin du travail, par sa connaissance de l'entreprise, est le mieux à même d'agir en faveur de la prévention de la santé des salariés. Avec la mise en oeuvre du tiers temps sur les lieux de travail, le médecin du travail peut prendre en compte à la fois l'état de santé du salarié et ses conditions de travail. Il peut ainsi exercer une mission de surveillance et d'alerte tant auprès des salariés que des employeurs, et formuler des propositions d'adaptation des postes de travail ou des mesures de prévention. Il semble plus urgent de consolider cette discipline médicale et de l'accompagner dans la mise en oeuvre de ses nouvelles missions. C'est pourquoi Gérard Larcher et Xavier Bertrand ont décidé de confier une réflexion à une mission pluraliste, composée de personnalités qualifiées de la discipline appuyées par l'inspection générale des affaires sociales. Cette mission dont les travaux ont démarré début 2007, permettra de dresser un premier bilan d'étape de la réforme de la médecine du travail, et de mener une réflexion prospective sur l'évolution des services de santé au travail - rendue inéluctable à terme - compte tenu de la démographie médicale et de la nécessaire articulation, entre elles, des différentes missions du médecin du travail. Le rapport final sera rendu en juin 2007. Dès obtention des conclusions de cette mission et après consultation des organismes concernés par la santé au travail et concertation avec les partenaires sociaux, le Gouvernement adaptera le cas échéant le dispositif de la médecine du travail.

 

Mise en oeuvre du plan santé au travail
Question écrite n° 18471 de M. Michel Moreigne (Creuse - SOC)
publiée dans le JO Sénat du 30/06/2005 - page 1744
M. Michel Moreigne attire l'attention de M. le ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes sur la mise en oeuvre du plan santé au travail (PST). Ce plan formalise les actions que l'Etat entend engager pendant les cinq prochaines années en vue de réduire les risques directs et indirects de maladies professionnelles. Il doit développer la connaissance des dangers liés au travail, renforcer la prévention dans les entreprises et améliorer les contrôles. Il demande s'il lui est possible de faire le point sur le pilotage de l'application du PST en Creuse et sur les moyens affectés dans ce département (et en région) à l'inspection du travail pour remplir ses missions dans ce domaine, par exemple s'agissant des expositions professionnelles aux poussières de bois, aux fibres minérales potentiellement biopersistantes et aux composés organiques volatiles.
 
En attente d'une réponse ministérielle

Visites médicales du travail

Question écrite n° 18770 de M. Nicolas About (Yvelines - UC-UDF)
publiée dans le JO Sénat du 14/07/2005 - page 1882
M. Nicolas About attire l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur les visites médicales du travail. En effet, un décret paru au Journal officiel le 30 juillet 2004 modifie la périodicité de la visite médicale, qui passe de douze mois à vingt-quatre mois, excepté pour les salariés soumis à une surveillance médicale renforcée. Il lui demande s'il est normal que l'organisme départemental qui gère la médecine du travail continue de facturer ces visites qui ne sont plus effectuées de 50 à 65 euros par salarié.
Transmise au Ministère délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes
En attente d'une réponse ministérielle

Visite médicale du travail

Question écrite n° 18893 de M. Philippe Nogrix (Ille-et-Vilaine - UC-UDF)
 publiée dans le JO Sénat du 28/07/2005 - page 2017
M. Philippe Nogrix attire l'attention de M. le ministre de la santé et des solidarités sur la visite médicale du travail. Le décret du 30 juillet 2004 vise à modifier la périodicité de cette visite : tous les deux ans, au lieu d'annuellement. Les organismes gestionnaires continuent à facturer la prestation sur la même base, c'est-à-dire que les entreprises cotisent toujours pour une visite annuelle alors que les employés n'y vont que tous les deux ans. Il aimerait connaître les intentions du ministre pour faire évoluer les pratiques en la matière et permettre l'évolution de la facturation compte tenu du nouveau décret.
 
Transmise au Ministère délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes
En attente d'une réponse ministérielle

Visites médicales de travail pour les entreprises de transport

Question écrite n° 20254 de M. Roger Besse (Cantal - UMP)
 publiée dans le JO Sénat du 03/11/2005 - page 2825
M. Roger Besse appelle l'attention de M. le ministre délégué à l'emploi, au travail et à l'insertion professionnelle des jeunes sur les difficultés que rencontrent certaines entreprises de transport concernant les visites médicales de travail. En fonction de leur activité et de leurs trafics, de plus en plus d'entreprises sont amenées à revoir leur organisation afin de pouvoir conserver et optimiser des marchés (organisations de relais, bases excentrées par rapport au siège, etc.). De ce fait, des conducteurs sont embauchés à l'extérieur de la zone du siège social de l'entreprise. Si, contractuellement, ils dépendent de ce siège, ils ne sont jamais présents sur place et ne s'y rendent jamais (ces conducteurs sont parfois éloignés en permanence de 700 à 800 kilomètres du siège de la société). Ces entreprises rencontrent de grosses difficultés pour respecter leurs obligations en matière de visite médicale du travail, que ce soit en visite médicale d'embauche, mais surtout pour les visites médicales périodiques ou de reprise (notamment après arrêt maladie ou accident du travail). Jusqu'à ces derniers mois, les centres « extérieurs » de médecine du travail acceptaient sans trop de difficultés de recevoir en visite médicale ces conducteurs à la demande de l'employeur par l'intermédiaire du service de médecine du travail du siège au titre « d'échange de services rendus ». Depuis plusieurs mois, les services de médecine du travail « extérieurs » refusent de plus en plus systématiquement de rendre ce type de service. De ce fait, des conducteurs domiciliés à plusieurs centaines de kilomètres du siège de l'entreprise, ne s'y rendant jamais dans le cadre de leur activité, doivent effectuer spécialement ce déplacement pour une visite médicale périodique ou de reprise (après arrêt de travail), ce qui semble peu envisageable notamment en raison du coût particulièrement élevé et prohibitif pour les entreprises comme pour les salariés. La situation des seules entreprises de transport ne doit pas être unique, ce type d'organisation devant se retrouver dans d'autres branches professionnelles ayant une activité mobile et indépendante du siège de l'entreprise. Aussi, il lui demande de bien vouloir lui faire connaître les mesures qu'il envisage de prendre en vue de pérenniser, le cas échéant, l'organisation traditionnelle des visites de médecine du travail, afin de ne pas affecter le fonctionnement des entreprises de transports routiers.
 
En attente d'une réponse ministérielle