Une position commune
sur la directive ''amiante'' en juin ?

 

Après le Comité économique et social, ce sera au Parlement de se prononcer sur la proposition de la Commission modifiant la directive ''amiante''. En fonction de ces avis, le prochain Conseil Emploi et Politique sociale de l'Union pourrait adopter une position commune en juin.

Le 19 mars 2002. la commission de l'Emploi et des Affaires sociales du Parlement européen s'est prononcée sur la proposition de juillet 2001 de la Commission européenne visant à actualiser la directive ''amiante'' de 1983. Les amendements qu'elle propose seront vraisemblablement débattus en plénière début avril. Le Comité économique et social européen a, lui, adopté un avis sur cette proposition de directive fin février. La commission du Parlement comme le Comité souhaitent une meilleure protection des travailleurs.
Le Comité économique et social européen regrette que le texte ne se concentre pas davantage sur la protection des travailleurs du second oeuvre, étant donné que les produits contenant de l'amiante ne sont plus fabriqués dans l'Union. En outre, il estime que la proposition aurait pu prévoir des dispositions spécifiques en ce qui concerne la surveillance sanitaire des travailleurs, l'enregistrement des cas, l'information et la formation, les risuqes courus par les indépendants. Enfin, il se prononce en faveur d'une meilleure connaissance des maladies professionnelles liées à l'amiante.

Ramener la période de référence à 4 heures.
Un autre point important soulevé par le Comité concerne la période de référence. L'article 8 de la proposition de directive stipule que les employeurs doivent veiller à ce qu'aucun travailleur ne soit exposé à une concentration d'amiante supérieure à 0,1 fibre/cm3 mesurée par rapport à une moyenne pondérée dans le temps sur 8 heures. Selon le Comité, il serait préférable, compte tenu des méthodes de travail qui seront probablement utilisées à l'avenir, de fixer la limite par rapport à une moyenne pondérée dans le temps sur 4 heures, ce qui réduirait l'exposition.
Un point de vue que partage la commission de l'Emploi et des Affaires sociales du Parlement européen. Les députés demandent par ailleurs la réduction des valeurs limites d'exposition pour certaines activités ( démolition, réparation, maintenance, etc.). Ils estiment aussi que le contenu de la formation doit être défini de façon plus détaillée et le financement de celle-ci pour les petites et moyennes entreprises et les indépendants ,amélioré. Les parlementaires européens demandent également que les Etats membres établissent un registre national des bâtiments et installations contenant de l'amiante. Le CES avait fait la même proposition et regrettait dans son avis que la Commission européenne n'en ait pas tenu compte. Enfin, le Comité estime qu'il serait opportun de procéder à une codification dans un proche avenir car la directive du Conseil de 1983, en raison de modifications successives, deviendra complexe; en outre, le fait que certaines dispositions de la Directive relative aux agents cancérigènes s'applique également à la Directive sur l'amiante ne simplifie pas les choses.
Prochaine étape ? Le Parlement européen devra se prononcer le 8 avril et le Conseil ''Emploi et Politique sociale '' de l'Union européenne le 3 juin 2002. La Présidence espagnole souhaiterait vivement voir l'adoption de la nouvelle directive amiante sous son mandat qui se termine fin juin ...

Réf : Directive 83/477/CEE parue au JOCE L263 du 24.9.1983
Proposition de directive portant modification datant de juillet 2001 : COM ( 2001) 417 final.