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Travailler intensivement devant un écran peut
engendrer des troubles de la santé : fatigue visuelle, troubles
musculo-squelettiques, stress... Cependant, il est possible de limiter ces
troubles : une analyse de l'aménagement du poste de travail et des tâches
qui incombent à l'opérateur peut permettre de mettre en oeuvre une
stratégie de prévention efficace. Celle-ci pourra passer par un
changement dans l'implantation et l'aménagement du poste, le choix d'un
matériel adéquat, des modifications dans l'organisation du travail... pour
aboutir à la création d'un poste de travail adapté à l'utilisateur et à sa
façon de travailler, et favorisant une posture confortable.
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Quels sont les risques liés au travail sur écran ?
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Le travail sur écran engendre parfois des troubles visuels
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Travail sur écran et problèmes cutanés
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Le travail sur écran peut provoquer des troubles
musculo-squelettiques (TMS)
-
Le travail sur écran est un facteur de stress
-
Exposition aux rayonnements émis par les écrans
-
Cas particulier : les femmes enceintes
-
Identification et prévention des risques
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Implantation et aménagement du poste de travail
-
Adapter l'éclairage
-
Choisir un mobilier adapté
-
Choisir un matériel informatique adapté
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Affichage et filtres
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Organisation du travail : les pauses
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Cas particulier : poste debout
-
Quelle est la réglementation à appliquer ?
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Rappel des textes
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Interruptions périodiques du travail sur écran
-
Information et formation des salariés
-
Un suivi médical spécial
-
Les normes
-
En savoir plus en quelques clics...
-
Documentation INRS
-
Formation INRS
-
Autres sources en français
-
Sources en anglais
-
Bibliographie
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Documentation INRS
-
Autres sources en français
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Quels sont les risques
liés au travail sur écran
? |
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Les ordinateurs sont devenus un élément
incontournable de notre environnement de travail. Les utilisateurs
interrogent régulièrement l'INRS à propos des effets sur la santé de
leur utilisation intensive :
- Le travail sur écran fait-il baisser la vue ?
- Les femmes enceintes doivent-elles éviter de travailler devant un
écran ?
- Les filtres sont-ils utiles ?
- Les rayonnements émis par les écrans sont-ils dangereux ?
En dehors de quelques points litigieux, les études s'accordent à dire
que le travail sur écran ne nuit pas à la santé de l'opérateur,
mais qu'il peut engendrer des troubles si le poste de travail n'est pas
adapté.
·
Le
travail sur écran peut engendrer de la fatigue visuelle
S'il ne semble pas exister de pathologie
de la vision spécifique, travailler devant un écran pendant plusieurs
heures d'affilée peut entraîner une fatigue visuelle : lourdeur des
globes oculaires, rougeurs, picotements, éblouissements, myopie
temporaire, maux de tête. La fatigue visuelle sera d'autant plus marquée
que le poste est peu ergonomique (reflets sur l'écran, éclairement
inapproprié, écran mal placé, mauvaise qualité de l'image...). La
préexistence d'un défaut visuel non corrigé augmentera aussi la
fréquence des symptômes oculaires. Quoi qu'il en soit, tous ces
symptômes disparaissent avec du repos.
Les écrans émettant entre autres des
ultraviolets, des chercheurs se sont penchés sur le taux de cette
émission et sur le risque de cataracte qui en découle. Il s'avère que ce
rayonnement est très faible : un mois de travail à plein temps devant un
écran équivaut à une minute au soleil. Il faudrait donc demeurer 650 ans
devant un écran pour développer une cataracte.
Dernier sujet d'inquiétude, le syndrome
de l'œil sec, caractérisé par un manque de larmes provoquant des
sensations de brûlures ou d'irritation. Observé chez des opérateurs
utilisant un ordinateur, il peut être lié à plusieurs facteurs
sur lesquels on peut agir :
- la climatisation, qui assèche l'air
ambiant,
- la présence de polluants dans l'air
(poussière de papier, fumée de cigarette...),
- l'émission d'ozone par une
imprimante laser,
- la rareté du clignement des
paupières.
·
Travail sur écran et
problèmes cutanés
Des enquêtes épidémiologiques ont montré que
la fréquence des affections dermatologiques (érythème facial,
démangeaisons, sensation de brûlure...) est plus élevée chez des
opérateurs travaillant sur écran que chez les autres. Ce phénomène avait
été attribué aux champs magnétiques, électriques et électrostatiques
émis par les écrans mais il s'avère que ces champs sont très faibles et
que leur suppression n'élimine pas les symptômes.
Certaines études se tournent vers les émissions chimiques des écrans
(vapeur de phosphate de triphényle) et estiment que celles-ci pourraient
engendrer des allergies se manifestant par des irritations, une
congestion nasale ou des maux de tête. Une hypothèse encore à démontrer.
L'apparition d'affections cutanées serait plutôt due à un air trop
sec (humidité inférieure à 40%), à la présence dans l'air de particules
irritantes ou au stress.
·
Le travail sur écran peut provoquer des troubles musculo-squelettiques (TMS)
|
Le travail sur
écran impose une posture statique et des gestes répétitifs
pendant de longues périodes. Ce phénomène engendre d'autant plus
de troubles musculo-squelettiques douloureux (tendinite,
ténosynovite, bursite, syndrome canalaire) que la posture est peu
ergonomique. Les muscles et tendons touchés sont
essentiellement ceux de la nuque, des épaules, de la région
lombaire, des poignets et des mains. Le syndrome du canal
carpien (SCC) est la pathologie la plus connue et la plus répandue
: il s'agit d'une inflammation du nerf carpien due à sa
compression au niveau du poignet.
Les femmes sont plus touchées que les hommes, ainsi que les
personnes souffrant d'obésité.
La façon d'utiliser le clavier et l'aménagement du poste
exercent aussi une influence sur la survenue de TMS. |

"La posture favorite
des TMS"
dessin de J.C. Bauer |
Ainsi, un appui continuel du poignet pendant
la frappe ou une souris éloignée du clavier constituent des situations à
risque de TMS des membres supérieurs.
Le contenu de la tâche peut aussi avoir une influence sur la survenue de
TMS. Par exemple, les douleurs cervicales sont plus répandues chez
les opérateurs effectuant des tâches monotones que chez ceux qui ont des
tâches plus variées. Par contre, une intense concentration peut
provoquer une tension musculaire dans les poignets et les mains, source
de TMS.
Les TMS sont réduits si le poste de travail est aménagé de façon
ergonomique, en tenant compte des caractéristiques physiques de
l'opérateur. Le choix du matériel (fauteuil, table, souris,
clavier, porte-copie, repose-pieds) est aussi déterminant. Pour
réduire l'astreinte musculo-squelettique, on peut alterner les tâches
sur écran et le travail de bureau ou multiplier les pauses.
En France, la plupart des TMS sont reconnus comme maladies
professionnelles (tableaux
57, 97 et 98 du régime général). Et on estime que 3 à 4% des TMS
reconnus sont attribuables au travail sur écran.
·
Le travail sur
écran est un facteur de stress
|
Le travail sur
écran peut engendrer du stress, qui peut se traduire par des
troubles émotionnels et psychosomatiques pouvant nuire à
l'efficacité de l'opérateur.
C'est le cas en particulier juste après l'introduction de
l'informatique dans un poste de travail. En effet, une telle
modification de l'organisation du travail et de la nature des
tâches peut donner à l'opérateur un sentiment de déqualification
et d'asservissement. Par exemple, la saisie de données est un
travail répétitif analogue au travail à la chaîne. Les troubles
psychosomatiques sont d'ailleurs plus fréquents chez les
opérateurs de saisie, dont la fréquence des arrêts de maladie est
supérieure à celle des autres salariés informatisés.
La pression du temps est un autre facteur de stress important,
qu'il s'agisse de travail au rendement ou de travail interactif en
cas de pannes ou de lenteurs de l'ordinateur. |
 |
|
dessin de J.C. Bauer "le poids du temps" |
·
Exposition aux
rayonnements émis par les écrans
Les rayonnements émis par les écrans
cathodiques couvrent pratiquement toute l'étendue du spectre
électromagnétique :
-
rayonnement optique : ultraviolet (UV)
proche, rayonnement visible et infrarouge (IR)
-
champs électro-magnétiques de différentes
gammes de fréquences selon qu'ils sont émis par les bobines de
déflexion horizontale ou verticale, la source d'énergie ou les
transformateurs
-
champs électriques statiques, perceptibles
surtout lorsque l'hygrométrie est faible
-
ultrasons émis par les circuits de
déflexion horizontale
-
rayons X de très basse énergie produits
dans le tube cathodique (le verre de l'écran est suffisamment épais
pour les absorber).
Les mesures montrent que les niveaux de
ces rayonnements sont inférieurs aux valeurs limites d'exposition.
Ces dernières sont définies par :
Selon l'Organisation mondiale de la santé
(OMS), il n'est pas nécessaire de mesurer régulièrement l'émission de
rayons X car elle n'augmente pas avec le temps. Le champ électrique
étant plus étendu derrière l'écran que devant, il est conseillé
d'observer une distance d'au moins un mètre entre les opérateurs et les
écrans voisins.
Les nouvelles technologies d'affichage,
comme celles des écrans à cristaux liquides ou des écrans à plasma,
permettent d'abaisser encore plus les niveaux des radiations.
·
Cas particulier :
les femmes enceintes
Sachant que les écrans cathodiques émettent
des rayonnements (rayons X et champs électromagnétiques), on a pu penser
qu'ils pouvaient augmenter le risque de fausse-couche et de
malformations congénitales. Les mesures montrent que ces rayonnements
sont trop faibles pour avoir une telle influence sur les femmes
enceintes. Les études épidémiologiques n'ont pas établi de relation
entre le travail sur écran et le devenir des grossesses des
opératrices. Les femmes enceintes doivent simplement se souvenir qu'une
posture assise prolongée n'est pas bénéfique, que ce soit ou non face à
un écran.
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Identification et prévention
des risques |
|
Le travail des ergonomes a permis de
proposer des recommandations pour l'implantation et l'aménagement d'un
poste de travail comportant un écran. Les recommandations générales, qui
ont servi de base à l'établissement de normes, doivent être modulées
selon les caractéristiques physiques de l'utilisateur et le type de
tâches qu'il accomplit.
·
Implantation
et aménagement du poste de travail
|
Il est en général
possible d'aménager un poste de travail comprenant un ordinateur
de façon confortable, et ce quelle que soit la configuration de la
pièce. Il convient pour cela d'étudier l'éclairage naturel et
artificiel et de choisir un mobilier aux normes, autant que
possible réglable. Il faut aussi veiller à offrir assez
d'espace aux opérateurs pour qu'ils puissent bouger, changer de
position, étendre leurs jambes, accéder aisément à leur
documents... |
 |
|
Implantation d'un
poste de travail avec écran |
© F. Metzger,
d'après "le Guide de formation" de l'université de Laval, 2000,
p. 41
|
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Placez votre mobilier de façon à ce
que :
- L'écran soit perpendiculaire
aux fenêtres
- Le poste ne se situe pas
directement sous un plafonnier mais plutôt entre deux rangées
de luminaires
- Vous n'ayez aucune lumière
dans les yeux
- Rien ne se reflète dans
l'écran
Réglez le chauffage, la climatisation
et/ou la ventilation motrice contrôlée de façon à ce que :
- L'air ne soit pas trop sec
- Il ne fasse ni trop chaud, ni
trop froid
- La pièce soit correctement
ventilée
|
Repères chiffrés :
Température
Humidité relative
Éclairement |
20-24°C
40-60 %
200-300 Lux |
-
Adapter l'éclairage
Le travail sur écran nécessite un
éclairage spécifique, différent de celui du travail de bureau. Il
convient d'analyser les éclairages naturels et artificiels et des les
moduler pour éviter les éblouissements et les reflets.
Pour que la lumière soit filtrée
ou diffusée veillez à ce que :
- Les fenêtres disposent de
rideaux ou de stores
- Les plafonniers soient
équipés d'un système de défilement (grille, tôle perforée,
miroirs, lentilles...)
- Les luminaires ne clignotent
pas
|
L'éclairage du poste de travail doit
permettre de lire facilement les touches du clavier. Les personnes
consultant souvent des documents papier peuvent avoir besoin d'une
lampe d'appoint.
-
Choisir un mobilier adapté

Aménagement offrant une
posture adéquate
© F. Metzger d'après "Méthodes d'aménagement de postes assis avec
écran de visualisation", Documents pour le médecin du travail, 59 TL
14, 1994
Le mobilier doit être choisi et réglé
en fonction des caractéristiques physiques de l'utilisateur.
L'aménagement optimal est celui qui permet une posture adéquate, à
savoir :
- Les pieds reposent à plat sur le
sol ou sur un repose-pieds
- L'angle du coude est droit ou
légèrement obtus
- Les avant-bras sont proches du
corps
- La main est dans le prolongement
de l'avant-bras
- Le dos est droit ou légèrement en
arrière, et soutenu par le dossier
- La tête est droite ou légèrement
penchée en avant
Le plan de travail doit être de préférence
de couleur pastel et mat. S'il a deux niveaux, le plus bas doit être
réservé au clavier et à la souris.
Un fauteuil doit être choisi en fonction
des critères suivants :
- Dossier, assise (et éventuellement
accoudoirs) réglables
- Profondeur permettant à
l'opérateur d'appuyer le bas de son dos sans que le bord avant
n'exerce de pression à l'intérieur de ses genoux
- Rembourrage ferme offrant un bon
appui
- Tissu de revêtement poreux
permettant une circulation de l'air
|
schéma d'un fauteuil ergonomique
© F. Metzger d'après "L'aménagement des bureaux.
Principales données ergonomiques", fiche pratique de sécurité,
ED 23, 1990 |
|
Les sièges avec appui sur les genoux sont
à proscrire, à moins d'une utilisation très ponctuelle, car ils
entraînent des problèmes de circulation sanguine dans les jambes.
Lorsque le plan de travail n'est pas
réglable en hauteur, un repose-pieds permettra aux personnes les plus
petites de maintenir leurs pieds à plat.
Repères chiffrés
| PLAN DE TRAVAIL |
Hauteur
Profondeur
Écart avec l'assise |
65-74 cm
80-110 cm
20-26 cm |
| FAUTEUIL |
Hauteur de l'assise
Profondeur de l'assise
Hauteur du dossier |
42-51 cm
38-42 cm
environ 50 cm |
| REPOSE-PIEDS |
Largeur
Hauteur
Inclinaison |
> 40 cm
4-15 cm
0-15° |
-
Choisir un matériel
informatique adapté
L'écran doit être de bonne qualité
et de taille adaptée au travail à effectuer, traité d'origine
contre les reflets, et comporter un bouton de réglage de la
luminosité. Il doit être régulièrement dépoussiéré à l'aide de
chiffons secs non pelucheux et d'un aérosol d'air comprimé.
L'écran doit être orientable en hauteur et latéralement. Il
faut le pencher légèrement en arrière, le haut du moniteur étant au
niveau des yeux, ou en-dessous si l'opérateur est presbyte. C'est
pourquoi il vaut mieux éviter de le poser sur l'unité centrale.
Lorsque l'opérateur travaille à partir
de documents papier, un porte-document (ou porte-copie) s'impose.
Celui-ci doit être placé à une hauteur et une profondeur qui
minimisent la fatigue de la nuque et des yeux :
- à côté de l'écran et à hauteur du
regard,
ou
- entre le clavier et l'écran.
L'épaisseur et l'inclinaison du clavier
doivent limiter l'extension des poignets, c'est pourquoi il n'est pas
conseillé d'en déplier les pieds. Les touches doivent être faciles à
enfoncer. Le clavier devra se situer en face de l'opérateur mais pas
au bord de la table. Il faut cependant éviter de poser continuellement
les poignets sur le bord du bureau pendant la frappe.
Repères chiffrés :
| ECRAN |
Distance oeil-écran
Distance écran-fenêtre
Hauteur |
50-70 cm
> 1,5 m
Haut de l'écran au niveau des yeux |
| PORTE-COPIE |
Distance
oeil-document |
Proche de la
distance oeil-écran |
| CLAVIER |
Épaisseur
Éloignement du bord de la table
Inclinaison
Largeur des touches carrées |
3 cm
10-15 cm
5-12°
1,2-1,5 cm |
 |
La taille et
la forme de la souris doivent être adaptées à celles de la main
et à la latéralité de l'opérateur : ne pas utiliser une souris
pour droitier si l'on est gaucher, et vice-versa. La pression
nécessaire pour cliquer sur les boutons ne doit pas fatiguer les
doigts. La souris doit être posée sur un tapis jouxtant le
clavier. Il faut veiller à la nettoyer très régulièrement. |
|
dessin de J.C. Bauer "j'ai trouvé une souris à ma main" |
-
Affichage et filtres
Un affichage sur fond clair est à
privilégier car il est moins fatigant pour la vue qu'un affichage
sur fond sombre. Par ailleurs, il faut veiller à ce que le contraste
entre les caractères et le fond soit suffisant.
Les filtres constituent une solution
anti-reflet uniquement lorsque ceux-ci ne peuvent être maîtrisés
autrement. Certains d'entre eux diminuent les rayonnements émis par
les écrans, mais cette capacité ne présente aucun intérêt pratique
puisque les taux des émissions sont bien inférieurs aux limites
d'exposition autorisées.
·
Organisation du travail : les pauses
Le travail sur écran est particulièrement
mal vécu lorsque :
- les tâches sont répétitives et
monotones
- les temps d'attente ou les "bugs"
sont fréquents
- les données sont utilisées pour
évaluer les performances de l'opérateur
- l'opérateur travaille seul
- les logiciels utilisés sont mal
maîtrisés ou inadaptés
- l'opérateur ne peut prendre que peu
d'initiatives
Les effets des composantes visuelle,
posturale et mentale se combinent pour entraîner fatigue et troubles
musculo-squelettiques. Pour éviter ces symptômes, il est conseillé de
faire régulièrement une interruption avec changement d'activité. Des
pauses fréquentes mais courtes sont plus efficaces que des pauses rares
mais longues, surtout si elles sont prises avant l'installation de la
fatigue.
En pratique :
Aménager une pause d'un quart d'heure toutes les 2 heures ou bien
une pause de 5 min toutes les 45 min selon le contenu de la tâche.
Attention ! Les temps d'attente de réponses qui imposent la
surveillance de l'écran ne sont pas des pauses ! |
Des exercices physiques, pratiqués lors
d'une "gymnastique de pause", peuvent s'avérer utiles en réduisant
efficacement l'astreinte musculo-squelettique, en favorisant la
circulation sanguine et en reposant les yeux.
|
·
Cas particulier :
poste debout
Dans le cas où
l'opérateur travaille debout, il est conseillé d'adapter le
poste de travail à sa taille :
-
plan de travail à
hauteur de coude,
-
haut de l'écran
au niveau du regard,
-
repose-pied
escamotable pour transférer le poids du corps d'une jambe à
l'autre.
|
 |
Travail avec écran en position debout
© F. Metzger |
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Quelle est la
réglementation à appliquer ? |
|
·
Rappel des textes
Le
décret n° 91-451 du 14 mai 1991 transposant la
directive européenne 90/270/CEE du 29 mai 1990, fixe les règles
particulières de prévention des risques liés au travail sur des postes
munis d'écrans. Ce décret, premier texte à réglementer globalement
le travail sur écran, intègre les exigences d'ergonomie dans
l'organisation du travail. Il vise à réduire les risques pour la santé
et à améliorer la qualité de vie des opérateurs : gestes et postures à
adopter, exigences d'éclairage et conditions d'ambiance à respecter,
prise en compte des caractéristiques techniques de l'équipement dans
l'aménagement du poste de travail...
Ce décret a été précisé par la
circulaire DRT n° 91-18 du 4 novembre 1991. Il est applicable à tous
les postes à écran, à l'exception de certains équipements (postes de
conduite de véhicules, systèmes portables, machines à calculer, caisses
enregistreuses...).
·
Interruptions périodiques du travail sur écran
Après avoir procédé à une analyse des
risques présentés par chaque poste de travail, l'employeur est tenu de
prendre toutes les mesures qui s'imposent pour les prévenir.
Dans le cas d'un poste à écran, susceptible de provoquer fatigue
visuelle et TMS, l'activité du travailleur doit être aménagée de
telle sorte que son temps de travail sur écran soit périodiquement
interrompu par des pauses ou par des changements d'activité.
- Changement d'activité : alternance
avec toute tâche ne demandant pas de regarder un écran, étant
entendu que cette activité doit être en rapport avec celle du
salarié (sauf dispositions contractuelles contraires).
- Pause : temps de repos spécifique
qui s'ajoute aux pauses traditionnelles. Les temps d'attente de
réponse imposant la surveillance de l'écran ne peuvent être
considérés comme des pauses. La périodicité et la durée des pauses
spécifiques sont déterminées dans chaque établissement en fonction
de l'organisation et des caractéristiques des tâches.
·
Information et
formation des salariés
L'employeur est tenu de former et d'informer
les salariés sur les risques spécifiques liés à leur poste de travail,
et notamment sur les modalités d'utilisation des postes comprenant un
écran. Chaque travailleur devrait en bénéficier lors de sa première
affectation à un travail sur écran et chaque fois que l'organisation du
poste de travail est modifiée de manière substantielle.
Si un projet d'introduction de nouvelles technologies est vaste, il doit
donner lieu à une consultation du comité d'entreprise ou, à défaut, des
délégués du personnel.
·
Un suivi médical spécial
Un salarié ne devrait être affecté à des
travaux sur écran de visualisation que s'il a fait l'objet d'un examen
préalable et approprié des yeux et de la vue par le médecin du travail.
Cet examen doit être renouvelé régulièrement, en particulier si le
salarié se plaint de troubles pouvant être liés au travail sur écran. En
cas de doute, le médecin du travail peut faire appel à un
ophtalmologiste pour compléter son diagnostic.
Si une correction normale ne permet pas l'exécution du travail sur écran
dans de bonnes conditions, le salarié doit bénéficier d'un dispositif de
correction spécial qui sera à la charge de l'employeur.
·
Les
normes
Une norme internationale intitulée
"Exigences ergonomiques pour travail de bureau avec terminaux à écrans
de visualisation" (ISO 9241) a été publiée par l'Association
française de normalisation (AFNOR)
sous l'indice de classement X35-122. Elle concerne l'affichage,
l'environnement et l'aménagement du poste, les réflexions, les couleurs
affichées, les périphériques d'entrée ainsi que le dialogue avec
l'ordinateur. Cette norme ISO ne traite pas de l'émission de
rayonnements ni de la sécurité électrique. L'aspect sécurité est abordé
dans les publications de la
Commission électrotechnique internationale (CEI 65 et CEI 950).
Il existe également une norme pour les
écrans plats : ISO 13406, intitulée "exigences ergonomiques pour travail
sur écrans de visualisation à panneaux plats".
Quant aux rayonnements, il font l'objet d'un
projet de norme européenne (prEN 50279) intitulée : "Écrans de
visualisation - Méthodes de mesures des champs électriques et
magnétiques proches, basses fréquences". Ce projet émane du Comité
Européen de Normalisation Electrotechnique (CENELEC).
Des associations de fabricants ont également
conçu leurs propres recommandations sur la qualité du matériel et son
confort d'utilisation.
|

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En savoir plus en quelques
clics...
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·
Documentation INRS
- VANDEVYVER B. "L'aménagement des
bureaux. Principales données ergonomiques". Fiche pratique de
sécurité
ED 23, Travail et Sécurité, juillet-août 1990
- ROCHER M. "Les sièges de travail".
ED 70, 2000, 4 p. (format pdf - 158 ko)
- CAIL F. ; APTEL M. "Les troubles
musculo-squelettiques du membre supérieur".
ED 797, 1996, 64 p.
- "Equipement à écrans de
visualisation. Prévention des risques liés à leur utilisation".
ND 1848, 1995, 4 p. (format pdf - 321 ko)
- CAIL F. "Présentation de
l'information sur écran de visualisation. Revue bibliographique".
ND 1928, 1998, 8 p. (format pdf - 651 ko)
- CAIL F. ; FLORU R. "Travail sur
écran de visualisation et santé. Revue bibliographique".
ND 1938, 1997, 18 p. (format pdf - 1,44 Mo)
- CAIL F. ; FLORU R. "Organisation
temporelle du travail sur écran de visualisation".
ND 1944, 1993, 6 p. (format pdf - 523 ko)
- HERY M. ; DIEBOLD F. et coll.
"Tâches de conception assistée par ordinateur. Environnement
physique et dimensionnement du poste".
ND 2005, 1995, 8 p. (format pdf - 598 ko)
- "Choisir son siège de travail" (BD).
Prévenir les risques du métier, n° 150, 1er trimestre 1997
(format pdf, 272 ko)
·
Formation INRS
- Améliorer les situations de travail
sur écran de visualisation (stage)
·
Autres sources en français
- Colloque "Écrans et vision" organisé
par l'Association nationale pour l'amélioration de la vue (Asnav) et
Promotion, perfectionnement et recherche en médecine du travail (Propermet,
Montpellier) en mars 2000. Compte-rendu rédigé par Paul Méreau
(INRS),
format pdf, 45 ko
- Évaluation des dispositions
communautaires relatives aux écrans de visualisation, Agence
européenne pour la sécurité et la santé au travail
http://fr.osha.eu.int/good_practice/eval2.stm
- Directive européenne 90/270/CEE du
29 mai 1990, concernant les prescriptions minimales de sécurité et
de santé relatives au travail sur des équipements à écran de
visualisation
http://europa.eu.int/smartapi/cgi/sga_doc?smartapi!celexapi!prod!CELEXnumdoc&lg=FR&
numdoc=31990L0270&model=guichett
- Décret n° 91-451 du 14 mai 1991
relatif à la prévention des risques liés au travail sur des
équipements comportant des écrans de visualisation (JO du
16/05/1991)
http://www.legifrance.gouv.fr/citoyen/jorf_nor.ow?numjo=TEFT9103515D
- Circulaire DRT n° 91-18 du 4
novembre 1991 relative à l'application du décret n° 91-451 du 14 mai
1991,
format pdf, 23 ko
- Écrans de visualisation, Service
interne pour la Prévention et la Protection au Travail (SIPPT /
Belgique)
http://www.espace.cfwb.be/sippt/pg003.htm
- Ergonomie au bureau, Centre canadien
d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST / Canada)
http://www.cchst.ca/reponsessst/ergonomics/office/office.htm
- Terminaux à écran de visualisation
et santé, aide mémoire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS /
Suisse)
http://www.who.int/inf-fs/fr/am201.html
- Travail de bureau avec écran de
visualisation, Guide de formation de la chaire en gestion de la
santé et de la sécurité au travail dans les organisations
(université de Laval / Canada), format pdf, 812 ko
http://cgsst.fsa.ulaval.ca/contenu/ergo.pdf
- L'aménagement du poste de travail à
écran de visualisation, fiche technique de l'Association paritaire
pour la santé et la sécurité du travail "secteur des affaires
municipales" (APSAM / Canada), format pdf, 106 ko
http://www.apsam.com/FT13.pdf
·
Sources en anglais
|

|
Autres références
bibliographiques |
|
·
Documentation INRS
- CAIL F. "Méthodes d'implantation de
postes avec écran en secteur tertiaire".
ED 51, 1994, 2 p.
- ELIAS R. et coll. "Les écrans de
visualisation. Guide méthodologique pour le médecin du travail".
ED 666, 1998, 86 p.
- CAIL F. ; FLORU R. "Mieux vivre avec
votre écran".
ED 712, 1988 (dépliant)
- CAIL F. "Le travail sur écran en 50
questions".
ED 728, 1995, 34 p.
- "Troubles musculo-squelettiques. Une
méthodologie pour prévenir ensemble les TMS". Travail et sécurité,
n° 550, juillet-août 1996, pp. 20-31.
- DE SEZE R. et coll. "Effets
biomédicaux des champs électromagnétiques et médecine du travail".
Documents pour le médecin du travail, 1998, n° 73, pp. 47-53.
- BARBIER A. ; SALSI S. et coll.
"Rayonnements divers et ultra-sons émis par les matériels vidéo et
informatiques". Notes scientifiques et techniques, NS 135,
1995, 59 p.
- CAIL F. "Les perspectives de la
recherche". Travail et Sécurité, n° 564, septembre 1997, pp.
38-42.
- CNOCKAERT J.C. "Même en batterie,
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- "Quelles caractéristiques pour les
filtres ?". Travail et Sécurité, n° 534, mars 1995, pp.
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- "Les effets des rayonnements des
écrans sur le cristallin ?". Travail et Sécurité, n° 555,
décembre 1996, p. 44.
- VANDEVYER B. "S'équiper d'un
repose-pieds". Travail et Sécurité, n° 579, décembre 1998,
p.42.
- "Les rayonnements optiques et les
couleurs. Faits et effets". Commission des recherches scientifiques
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extractives (CORSS) et INRS, mars 1998
- "TMS : Comprendre et agir". DVD et
CD-Rom de formation, VM 0300
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Autres sources en français
- GONZALEZ N. "A propos des filtres
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1996, n° 1, pp. 25-27
- JOLY R. ; GRIFFE-OZENNE J.,
"Anatomie, physiologie et psychologie d'emploi des "filtres
d'écran"". Cahiers de Médecine Interprofessionnelle (CAMIP),
1993, n° 3, pp. 333-338
- BARIL-GINGRAS J. ; LORANGER R. "Le
travail à l'écran, un guide pour adapter votre poste". Association
paritaire pour la santé et la sécurité au travail (APSST), secteur
administration provinciale, 1993
- "Écrans et vision". La Lettre
EHST, n° 21, juillet-août 2000, pp. 6-7
- "Ergonomie. Tome 2 : travail de
bureau avec terminal à écran de visualisation". 5ème édition.
Recueil de
normes AFNOR 1999, 733 p.
- SAUREL D., BEAUDOIN L., "Écrans de
visualisation. Évaluer et améliorer les conditions de travail". Les
Guides de l'AP-HP, Doin éditeurs 1998, 122 p.
- "La prévention des risques en cas de
travail sur écran".
Legi social, supplément au n° 46, n° S 280, mai 1998,
pp.3-7
- "Éclairage et travail sur écrans de
visualisation". 2e édition. Société d'édition Lux, 1997, 50 p.
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