Qu’est-ce
que la grippe aviaire ?
Les virus influenza ou influenzavirus de type A sont la
cause d’infections grippales saisonnières qui peuvent
concerner l’homme (virus influenza humains), de très
nombreuses espèces d’oiseaux (virus influenza aviaires) et
plusieurs espèces de mammifères.
La grippe chez les oiseaux et volailles, ou grippe
aviaire, est un phénomène connu de longue date. Les virus
influenza circulent à l’état naturel et de façon le plus
souvent inapparente au sein des populations d’oiseaux
sauvages, en particulier les oiseaux aquatiques (canards
sauvages, sternes…) qui constituent le réservoir naturel
de ces virus.
A la fin de l’année 2003, une épizootie de grippe
aviaire chez les poulets est apparue et touche maintenant
plusieurs pays d’Asie et du Sud-Est asiatique : Vietnam,
Thaïlande, Corée du Sud, Japon, Chine, Cambodge.
Quel
est le virus en cause ?
Les virus influenza constituent une grande famille avec
différents types de virus définis par la combinaison HxNy.
Les lettres H et N désignent deux protéines particulières
que l’on retrouve dans l’enveloppe de ces virus :
H pour la protéine « hémaglutinine » dont on connaît 15
espèces notées H1 à H15,
N pour la protéine « neuraminidase » dont on connaît 9
espèces notées N1 à N9.
L’épidémie qui a touché les Pays-Bas au printemps 2003
était due à un virus influenza de type H7N7.
L’épidémie actuelle est due à un virus H5N1 « hautement
pathogène » pour les volailles. La présence de ce virus
influenza aviaire de type H5N1 a également été constatée
chez des porcs. Déjà en 1997, lors de l’épidémie sur le
territoire de Hong Kong, ce virus H5N1 s’est révélé
capable de passer du poulet à l’homme. Pour l’épidémie en
cours, on compte plusieurs dizaines de malades (14 cas
confirmés au 2 février 2004) dont une dizaine de morts.
Dans cette nouvelle épidémie, la transmission
inter-humaine reste discutée (à cette même date).
Qu’est-ce
qu’un virus aviaire hautement pathogène ?
Parmi les différents types de virus influenza, les
types H5 et H7 peuvent se révéler « hautement pathogènes »
chez les oiseaux, c’est-à-dire avoir un fort potentiel de
contagiosité et entraîner des formes sévères susceptibles
d’entraîner une mortalité proche de 100 %, en particulier
dans les élevages concernés du fait de la concentration
des volailles dans un espace restreint. C’est pourquoi on
parle parfois de « peste aviaire ». Les poulets et les
dindes sont les espèces les plus sensibles. Lorsque la
souche de virus aviaire est hautement pathogène, il y a un
plus grand risque de transmission à l’homme. Ce risque
reste exceptionnel. Mais 3 épisodes de transmission d’un
virus aviaire hautement pathogène ont déjà été décrits ces
dernières années :
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Date
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Lieu
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Type
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Nombre
de cas humains*
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Transmission interhumaine rapportée*
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1997
Février 2003
Printemps 2003
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Hong-Kong
Hong-Kong
Pays-Bas
|
H5N1
H5N1
H7N7
|
18 cas dont 6 morts
2 cas dont 1 mort
89 cas dont 1 mort
|
+
-
+
|
Les doses infectieuses pour l’homme ne sont pas
établies mais l’exposition prolongée et rapprochée à des
oiseaux ou volailles est mise en avant comme le principal
facteur de risque, risque majoré en cas de confinement
dans un espace restreint.
Quelle
est la durée d’incubation de la grippe aviaire ?
La grippe aviaire a une durée d’incubation très
courte, de l’ordre de quelques heures.
Quel
est le mode de transmission ?
La transmission à l’homme d’un virus aviaire
hautement pathogène peut avoir lieu lors de contacts
fréquents et/ou intensifs avec des oiseaux infectés. Elle
se fait par voie respiratoire par le biais de fines
poussières contaminées par des secrétions respiratoires ou
les fientes, par contact des muqueuses oculaires avec ces
fines poussières ou par contact œil-main contaminée après
avoir manipulé ou touché des matières ou des matériaux
salis par des fientes de volailles malades.
Comment
peut-on se protéger de la grippe aviaire ?
La première mesure de lutte consiste à supprimer
tous les réservoirs aviaires susceptibles de contribuer à
la propagation de l’épidémie, ce qui explique les
destructions massives de poules et poulets qui sont
effectuées dans les zones touchées. En France, le premier
élevage industriel touché serait donc dépeuplé et un vide
sanitaire serait organisé. Il en serait de même pour les
autres élevages de volailles dans un rayon fixé par les
autorités vétérinaires.
L’épidémie de grippe aviaire qui a touché les Pays-Bas au
printemps 2003 a débordé sur les frontières allemande et
belge. Un groupe de travail piloté par la Direction
générale de la santé (DGS) a produit des recommandations à
suivre en cas de grippe aviaire suspectée ou avérée.
L’INRS a été associé à la rédaction de ces
recommandations, en particulier pour ce qui concerne la
protection des personnes amenées à participer à la lutte
contre l’extension de l’épidémie de grippe aviaire.
Ces recommandations sont disponibles en ligne sur le site
de la DGS www.sante.gouv.fr à partir de la page d’accueil
ou dans les dossiers classés par ordre alphabétique à la
lettre G : Conduite à tenir devant un cas d’influenza
aviaire à risque établi de transmission humaine (version
du 7 juillet 2003).
Quelles
personnes peuvent être exposées en situation
professionnelle ?
Si l’épidémie actuelle se propageait à l’Europe, à
la France métropolitaine ou aux départements et
territoires d’outre-mer, notamment à l’occasion de grands
déplacements migratoires d’oiseaux sauvages ou suite à des
importations clandestines de volailles vivantes ou
d’oiseaux d’ornement, le risque de contamination
concernerait d’abord les personnes qui ont une activité
professionnelle en contact étroit avec des oiseaux
infectés ou leurs secrétions respiratoires ou digestives,
par exemple :
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les éleveurs et leur famille, et plus
généralement toute personne intervenant dans un
élevage de volaille (vétérinaires et techniciens…), |
|
les équipes qui auraient à effectuer
le dépeuplement d’un élevage contaminé (ramassage des
volailles malades mortes, des volailles malades
vivantes, euthanasie et ramassage des volailles
euthanasiées) ainsi que les équipes de nettoyage et de
désinfection intervenant après le dépeuplement, |
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les équipes qui effectueraient
l’enlèvement, le transport et la destruction des
cadavres de volailles, |
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les personnels de laboratoire
de diagnostic et de recherche vétérinaire (autopsies,
prélèvements, recherche sur les souches virales…),
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|
et, si la transmission interhumaine
était confirmée, les soignants prenant en charge les
personnes contaminées. |
Pour les entreprises de transport et d’abattage de
volailles, il faut savoir qu’en cas de grippe aviaire à
virus hautement pathogène survenant dans un élevage
industriel, où les volailles sont concentrées, il est
fréquent que la presque totalité des volailles soient
mortes quelques heures seulement après le début des
premiers signes chez les premières volailles malades. Ceci
réduit donc les risques de voir arriver dans un abattoir
de volailles des poulets, dindes… porteurs d’un virus
hautement pathogène.
Pour les oiseaux d’ornement, compte tenu des restrictions
à l’importation récemment prises, il ne devrait pas entrer
en France d’oiseaux suspects sauf à envisager des
importations clandestines et n’ayant pas observé la mise
en quarantaine réglementaire.
Grippe
aviaire, grippe humaine : quel rapport ?
Les virus influenza ont la particularité d’avoir un
génome fragmenté, ce qui leur offre la possibilité de
mutations rapides tant chez les virus aviaires que chez
les virus humains. C’est pourquoi, chaque automne, le
vaccin humain contre la grippe doit être adapté aux
souches virales en circulation.
Parfois une épidémie de grippe humaine se montre
particulièrement virulente et prend une ampleur mondiale.
On parle alors de pandémie grippale. Ainsi, le XXe siècle
a connu 3 grandes pandémies de grippe :
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en 1918-1920, celle dite de la «
grippe espagnole », dont on estime qu’elle a causé
entre 20 et 40 millions de morts, |
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en 1957, celle dite de la « grippe
asiatique », |
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en 1968, celle dite de la « grippe de
Hong-Kong ».
|
Depuis plusieurs années, l’OMS craint la réapparition
d’une nouvelle pandémie grippale liée à l’apparition chez
l’homme d’un nouveau type de virus influenza. Un des
scénarios possibles met en cause chez l’homme une
infection simultanée par un virus aviaire et un virus
humain, ou cette même combinaison chez des porcs (qui sont
connus pour être réceptifs aux deux types de virus). Un
échange de matériel génétique entre les deux types de
virus pourrait conduire ainsi in-vivo à un nouveau type de
virus d’origine aviaire mais mieux « adapté » à l’homme et
capable de diffuser facilement par contamination
interhumaine. N’ayant jamais rencontré un tel virus
auparavant, les populations n’auraient aucune immunité
préalable, ce qui pourrait conduire au développement d’une
grande épidémie à l’échelle d’un pays, d’un continent ou
même de la planète.
Quelles
sont les recommandations si un séjour professionnel est
envisagé dans une zone affectée par la grippe aviaire ?
Au 31 janvier 2004, les voyages à destination des
pays touchés par l’épidémie ne sont pas déconseillés mais
le Conseil supérieur d’hygiène publique en France
recommande d’éviter tout contact avec les volailles et les
porcs. Il est donc prudent d’éviter la visite d’élevages
de volailles, d’oiseaux d’ornement ou de porcs, et
d’éviter la visite de volières ou de certains magasins ou
marchés spécialisés dans le commerce de ces mêmes animaux.
Manger de la viande de poulet ou de porc bien cuite ne
présente pas de risque. D’une façon générale, les virus
sont sensibles à la chaleur. La grippe aviaire n’est pas
une maladie à transmission digestive (se reporter au
document Afssa sur les risques liés à la consommation de
viande de volaille infectée).
Il est rappelé que les mains transportent volontiers
toutes sortes d’agents biologiques près des narines, de la
bouche ou des yeux. Comme pour toute situation d’épidémie,
il est très important de se laver les mains soigneusement
chaque fois que nécessaire et en particulier avant de
fumer, boire ou manger.
Conduite
à tenir en milieu de travail vis-à-vis d’une personne de
retour d’une zone où sévit la grippe aviaire ?
Il n’est pas prévu de dispositions particulières
pour le retour de ces voyageurs : pas d’examens de
laboratoire, pas de radiographie, pas de mise en
quarantaine.
Cependant, si une personne, de retour d’un de ces pays,
présentait un syndrome grippal (fièvre élevée, maux de
tête, courbatures…) après avoir été en contact étroit avec
des volailles, des oiseaux d’ornement… dans les 48 heures
qui ont précédé, il lui est conseillé de prendre un avis
médical en attirant l’attention sur cette situation
particulière.
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